Utopie

Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /2009 07:49

Manifeste du FUTURISME


   1. Nous voulons chanter l'amour du danger, l'habitude de l'énergie et de la témérité.


   2. Le courage, l'audace et la révolte seront les éléments essentiels de notre poésie.


   3. La littérature ayant jusqu'ici magnifié l'immobilité pensive, l'extase et le sommeil, nous voulons exalter le mouvement agressif, l'insomnie fiévreuse, le pas de course, le saut mortel, la gifle et le coup de poing.


   4. Nous affirmons que la splendeur du monde s'est enrichie d'une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse. Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l'haleine explosive ... une automobile rugissante qui semble courir sur la mitraille est plus belle que la Victoire de Samothrace.


   5. Nous voulons célébrer l'homme qui tient le volant dont la tige idéale traverse la Terre, lancée elle-même sur le circuit de son orbite.


   6. Il faut que le poète se prodigue avec ardeur, faste et splendeur pour augmenter la ferveur enthousiaste des éléments primordiaux.


   7. Il n'y a plus de beauté que dans la lutte. Aucune œuvre d'art sans caractère agressif ne peut être considérée comme un chef-d'œuvre. La poésie doit être conçue comme un assaut violent contre les forces inconnues pour les réduire à se prosterner devant l'homme.


   8. Nous sommes sur le promontoire extrême des siècles! ... Pourquoi devrions-nous nous protéger si nous voulons enfoncer les portes mystérieuses de l'Impossible ? Le Temps et l'Espace moururent hier. Nous vivons déjà dans l'absolu puisque nous avons déjà créé l'éternelle vitesse omniprésente.


   9. Nous voulons glorifier la guerre - seule hygiène du monde -, le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles idées pour lesquelles on meurt et le mépris de la femme.


  10. Nous voulons détruire les musées, les bibliothèques, les académies de toute sorte et combattre le moralisme, le féminisme et toutes les autres lâchetés opportunistes et utilitaires.


  11. Nous chanterons les foules agitées par le travail, par le plaisir ou par l'émeute : nous chanterons les marées multicolores et polyphoniques des révolutions dans les capitales modernes ; nous chanterons la ferveur nocturne vibrante des arsenaux et des chantiers incendiés par de violentes lunes électriques, les gares goulues dévorant des serpents qui fument, les usines suspendues aux nuages par des fils tordus de fumée, les ponts pareils à des gymnastes qui enjambent les fleuves étincelant au soleil comme des couteaux scintillants, les paquebots aventureux qui flairent l'horizon, les locomotives à la poitrine large qui piaffent sur les rails comme d'énormes chevaux d'acier bridés de tubes et le vol glissant des avions dont l'hélice claque au vent comme un drapeau et semble applaudir comme une foule enthousiaste.


F. T. Marinetti - Publié par le Figaro le 20 février 1909.


Cela fait aujourd'hui 100 ans que ce mouvement a été lancé. Naturellement, j'ai du mal à adhérer à la fin du manifeste (point 9) qui ressemble à un cri pro-guerrier, mais l'histoire nous renseigne pas mal sur la période, et notamment la récupération du mouvement futuriste par les régimes totalitaires. 

 

Cependant, c'est le seul mouvement qui a su allier une pensée physique, une vision globale du monde et de son fonctionnement à mon sens. Aujourd'hui je ne pouvais qu'une fois de plus vous redonner ce texte, vous proposer de revoir une fois de plus "Blade runner", et je vais essayer de faire une bonne dose de lecture sur le sujet d'ici les mois qui viennent. Sinon, une ballade au centre Pompidou dans la collection permanente donne une bonne idée de ce mouvement, il y a quelques oeuvres très sympa de cette période.

 

Bonne journée à tous !

 

 

 

 

hi, qui aimerait bien remettre à jour ce manifeste... un jour.

Publié dans : Utopie - Par hi
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Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /2009 20:22
C'est l'histoire d'une concordance. Un carrefour dans mon esprit comme un pont qui n'aurait pas seulement deux extrémités, d'ailleurs quand on y pense, pourquoi un pont devrait avoir deux extrémités ? On n'a pas forcément envie d'aller droit devant soi ou là d'où l'on vient, on peut vouloir partir sur le côté lors de la traversée...

Mais je m'égare...


Tout commence un week-end, un de ces week-end où je m'asseois dans ma bibliothèque, une bédé sur les genous. Il s'agit des Fables de Venise, les aventures vénitiennes de Corto Maltese :




Corto Maltese recherche la clavicule de Salomon, ou "Bareket", peut-être une émeraude, suite à la réception de la lettre de son vieil ami le Baron Corvo, qui lui parle de ce pari entre les deux Simon que sont l'apôtre Simon Pierre et Simon le Mage. Au final, cette émeraude est peut-être une fable, peut-être pas, mais son existence avérée n'est pas le moteur de Corto, car pourquoi ne pas courir après des chimères, puisqu'il faut bien avancer !

A ce moment-là, je me suis retrouvé dans ma rêverie, il faisait froid dehors mais l'appartement est un cocon bien chauffé, et, allongé sur la chauffeuse, la bédé posée ouverte sur ma poitrine, je me retrouve endormi par la chaleur du radiateur dans mon dos. La quête est onirique, je songe à ce "Bareket", entre deux sommeils... C'est un rêve où je me retrouve dans la peau d'Allan Quatermain, ou d'Indiana Jones... Car finalement il n'y a que là, dans les films, qu'une émeraude pourrait éventuellement ouvrir un pan de mur, une porte, une galerie cachée...

Depuis Salomon, Mage lui-même, le Monde Que L'On Ne Voit Pas est celui qui intrigue les puissants, les dirigeants, comme Salomon, comme Catherine de Médicis... Tous d'ailleurs pratiquent l'astrologie, et sont influencés volontairement par le déplacement des astres pour prendre leurs décisions. Quelques temps auparavant j'avais vu un reportage sur Catherine de Médicis, et sa tour près du château pour observer les astres, tour en-haut de laquelle elle passe régulièrement une partie de ses nuits à observer le Grand Bal Cosmique. Il paraitrait même que plus récemment des présidents sous la république actuelle ont continué à interroger les oracles ! L'astrologie est étudiée depuis si longtemps dans l'histoire des peuples...

Revenont à la Clavicule de Salomon : Clavicula, ou "petite clé". En voilà une drôle d'expression. Et une drôle de clé ! Salomon aurait eu une clé sous forme d'une émeraude ? J'aime bien les légendes, il faut toujours que les pierres soient précieuses, les parchemins vieux, jaunis et déchirés au bord, les magiciens barbus avec les cheveux blancs. A se demander à quoi servent leurs pouvoirs si ils ne peuvent même pas avoir l'aspect de la jeunesse ! Alors une clé, elle sert à ouvrir une porte, ou est la clé d'un système particulier.

Si on se réfère à Eliphas Levi, occultiste du 19ème siècle, concernant les Clavicules de Salomon, on peut retrouver des correspondances entre des prévisions et des positionnements calendaires. Il tient ses informations de la traditions orales transmise depuis des siècles, entre la Kabbale, l'occultisme, et beaucoup de déformations !

Donc peut-être que les clavicules seraient simplement une clé entre le calendrier, qui positionne les astres (les astres sont à un endroit précis à un moment précis), et les prévisions... Quant au fait que l'on parle d'émeraude... Peut-être la symbolique de la pierre précieuse, du fait que ces clés donneraient un pouvoir précieux à Salomon...

Je ne sais pas si il y a eu beaucoup de publication de ce genre, de promesse de divination, mais ma petite chérie m'en avais offert une datant de 1694, publiée un an après la mort de son auteur, Claude COMIERS, chanoine d'Embrun. Il s'agit d'une édition de 1770 dont le titre est "Pratique curieuse ou les Oracles des Sybilles".



Dans mon rêve, les éléments du puzzle se mettaient doucement en place. Les Clavicules étaient les outils d'aide à la décision de Salomon, pour prendre ses décisions rapidement sans avoir à consulter les cieux, un raccourci de calcul, pour éviter de passer par l'observation.

Autant je perçois le calcul, qui n'est que la création d'un système d'équation, entre la date d'un calendrier et l'oracle correspondant, autant la détermination de l'oracle doit venir des connaissances en astrologie, et là, c'est difficile de savoir comment c'est déterminé.

Peut-être qu'il est là le véritable secret, la véritable richesse de Salomon, pas le matériau de sa "clavicule", mais la sagesse et son savoir...

Pauvre Corto, je le retrouvais à côté du lion de l'Arsenal :
Corto :
"Alors la clavicule n'est peut-être pas une émeraude.
- Mais sa valeur n'est pas ternie ! Elle reste ainsi indestructible car elle n'est pas matérielle, aussi indestructible qu'une idée !
- Sous cette forme, elle va intéresser moins de monde. Mais je ne suis pas déçu, de toute manière, même sous cette forme, elle n'existe toujours que dans ton esprit malade, et moi, quoiqu'il arrive, je ne la retrouverai pas, encore une bonne blague de ce bon vieux Baron Corvo.
- Alors quel est ton intérêt dans cette fable ?
- Hi, ce n'est pas parce que le trésor n'est pas au bout de la route, que le voyage n'est pas agréable. Chimère ou pas, j'étais à Venise car c'était mon choix. Et peut-être aussi parce que c'était celui du Baron Corvo."

Je laissais Corto vaquer à sa recherche dans mon rêve et me levais pour aller embrasser ma femme.

Je rangeais les "Fables de Venise" entre "La ballade de la mer salée" et "Tango", les "Pratiques Curieuses" sur la bibliothèque à l'abri de la lumière du soleil et la réalité me retrouvait prêt à la rejoindre pour quelques heures...

Plusieurs mois sont passés depuis, je me demande toujours si un jour je me mettrai à rechercher si les tableaux de correspondance sont bien caractéristiques d'un "calendrier cosmique", les équations ne sont pas très compliquées, et les calendriers n'ont pas évolués si souvent que ça. Seulement ... Si mes calculs me montrent que cette hypothèse n'est pas la bonne, ce sera un beau rêve qui disparaît... Et moi j'aime pas trop faire disparaître les beaux rêves.

Mais j'aime l'aventure, alors Corto, peut-être bien que bientôt nous nous relancerons un défi. Pas cette fois celui que le Baron Corvo t'avais lancé dans sa lettre, mais une chasse au trésor me plairait bien. Peut-être le trésor de La Buse...


A bientôt à tous.

N'oubliez pas de vous souvenir de vos rêves. Parfois on peut être surpris des réponses qu'ils nous apportent.




hi, chasseur de trésor amateur.
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Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /2009 09:45
J'ai un goût prononcé pour le côté esthétique de ce mouvement.

Alors même si je n'aime pas le côté politique pris à l'époque par les membres de ce mouvement (souvent très attirés par le fascisme, comme Carlo Carrà), il reste des oeuvres qui m'inspirent et que je vous présente ici.



Les Funérailles de Galli l'anarchiste, 1911, par Carlo Carrà, exposé au Museum of modern Art (New York)





La Révolte, par Luigi Russolo, 1911, exposé au Gemeentemuseum Den Haag (La Haye)


En fait, quand je regarde ces tableaux, c'est l'énergie libérée que je trouve absolument fascinante. C'est de la vie en huile sur toile.


hi
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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /2008 09:58
Tout d'abord, je voulais vous souhaiter à tous de très bonnes fêtes de Noël, pleins de cadeaux, pleins d'amour tout ça tout ça... Et une bonne année un peu en avance, comme ça les corvées des souhaits et remerciements, c'est réglé pour cette année.

Sinon, je me posais la quastion l'autre jour (de Noël) : Apparemment, les enfants ont le droit de croire au Père Noël, alors que pour un adulte, ne serait-ce qu'une demi-pensée sur ce sujet le fait passer pour le dernier des attardés. Alors, à ces sceptiques, je voudrais juste leur dire quelquechose :

Si leur sens logique leur pousse à croire que le Père Noël n'existe pas, qu'ils posent de manière formelle leurs hypothèses, déroulent le développement de leur pensée et arrivent à une conclusion logique.

Personnellement, concernant une éventuelle existence du Père Noël, ma pensée est claire :

- Il est sûrement très compliqué de réunir des preuves formelles concernant l'existence du Père Noël.

- Il est par contre prouvé que beaucoup d'histoires parlent de ce vieil homme.

- Il est finalement encore plus compliqué de prouver la non-existence du Père Noël.

Finalement, à la vue de ces trois hypothèses, une conclusion problable est pour moi que le Père Noël existe vraisemblablement, même si il y a peu de chance qu'il ait des rênes qui volent et un traïneau.

J'espère que ce billet vous convaincra qu'il faut arrêter de s'arcbouter sur des dogmes, et qu'il faut prendre garde lors de la prochaine canicule de l'état du petit vieux bedonnant du quatrième gauche. Si ça se trouve, c'est lui.

Ne soyons pas bégueules, je vous le resouhaite : Joyeux Noël et Bonne Année !


hi



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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /2008 13:35
"La partie garde toujours en elle quelque chose de la nature du tout."

Léonard de Vinci



En thermodynamique notamment, la notion de variable d'état est très importante. Qu'est-ce qu'on appelle variable d'état ? La pression, la température, le volume, la masse d'un système.

Dans ces variables d'état, il existe deux familles : les variables d'état intensives et extensives.

La température et la pression sont des variables d'état intensives ; la masse et le volume sont des variables d'état extensives.

La différence entre les deux est flagrante quand on prend un exemple :

Soit un cube ou une sphére d'eau d'une tonne, de volume 1 mètre cube, de température 20°C à 1 bar de pression.

Si vous coupez ça par moitié, vous aurez deux systèmes avec les caractéristiques suivantes :
poids : 500 kg
volume : 0,5 mètre cube
température : 20°C
pression : 1 bar

Donc la masse et le volume ont changé : ce sont des variable d'état extensives.
La température et la pression n'ont pas changé : ce sont des variables d'état intensives.

Ca marche aussi avec les couleurs : un objet jaune coupé en deux donnera deux objets jaunes, sauf avec les poussins, où un peu de rouge apparaît...

Voilà pour la partie scientifique.

Il me semble, comme d'habitude que Léonard avait un peu d'avance sur son temps.


Par analogie, ça marche aussi en géopolitique, quand on coupe un peuple par une frontière, ou dans des tas d'autres domaines.


Comme quoi, parfois la science nous mène à réfléchir aux sciences humaines...


hi
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